Le Manuscrit de Voynich : documentaire
Le Manuscrit de Voynich, duquel je ne crois pas avoir déjà parlé, est une sorte de manuscrit mystère pour les linguistes qui aiment bien la cryptographie et, du coup, déchiffrer de vieilles choses poussiéreuses qui contiennent peut-être du flan, ou des mystères humains de l'Humanité, comme "est-ce que c'est possible de reprendre les cours le 3 janvier après avoir consommé pas moins de 8 kg de nourriture trop salée, trop sucrée et trop grasse, et 18 litres de chouchen en moins de 12 jours ?"
Comme j'ai déjà lu des milliards de trucs plus ou moins ésotériques pour expliquer la chose (de l'écriture automatique ? Une farce ? Un truc très sérieux ? Des ANGES MUTANTS QUI T'ECRIVENT ?), qui n'a toujours pas été déchiffrée malgré les efforts de mes camarades, j'ai décidé de vous faire un article rigolo à la place.

"Là, tu diras à ta belle-soeur Josiane que son pull violet est vraiment très beau, et qu'elle a bien fait d'investir dans cette fontaine de chocolat électrique. La prochaine fois, pense à lui prendre des chamallows en rab'. Attention, vers 2h du matin, si jamais elle te propose d'aller visiter le jacuzzi du fond du jardin avec l'eau verte dedans, tu pourrais avoir des surprises".
Bref, on ne sait pas très bien ce que c'est, mais en gros, Arte a décidé de nous faire un Thema linguistiquement satisfaisant, et nous montre un documentaire *à l'heure où je vous écris* avec des gros plans sur des gens qui recopient le Voynich, et des bizarres zooms et angles de caméra que si t'as trop mangé avant, il faut peut-être détourner les yeux pour ne pas se laisser aller au malaise vagal.
Sérieusement, ça a l'air d'être un bon documentaire.
[Mise à jour post-visionnage d'une oreille presque attentive : le documentaire est un peu prétentieux, quand même. Et en plus, il y a pas mal de trucs un peu nazes sur la crypto. En gros, si vous avez déjà vu des codes (et pas des compliqués, juste comme le code de César, qui consiste à décaler les lettres de l'alphabet ("je commence par E, qui a la valeur de A, puis F qui a la valeur de B"), bon, on apprend pas grand-chose non plus. Il me semble, mais ce sont de vieilles lectures, que les manuscrits d'alchimistes et autres confréries ésotériques aussi ont des symboles ésotériques pour remplacer non seulement les noms des matières et des planètes, mais aussi des mots fréquents... Bref, si on a le niveau petit Castor Junior, c'est sympa, mais sinon, bon, vous pouvez le regarder pour vous la péter un peu, mais je ne suis pas très fan de la reconstitution prout-prout et des experts pédants]
Pour le revoir pendant les 7 prochains jours, vous pouvez vous rendre sur le site d'Arte. Si vous êtes très motivé/e/s par la linguistique, vous pouvez aussi essayer de lire le manuscrit là. Sinon, vous pouvez tenter un Jeu d'Hiver : taper "Voynich" et n'importe quel mot-clef un tant soit peu ésotérique. Normalement, vous aurez des surprises. Là, j'ai trouvé un type qui parle d'une émission sérieuse avec Carole Rousseau et Jacques Legros ET du manuscrit, trop magique.
Bécassine, c'est ma cousine.
L'autre jour, on me demanda "mais dis donc, tu sais d'où il vient, le mot "sniper" ?"
Sniper... J'ai pensé à "snip" (non, pas le SNIP, ou Syndicat National des Industries du Plâtre, ou celui de Pharmaceutique), mais à "couper". Simple, les mots en sk, sc, ou, et parfois en sn ça sonne comme d'idée indo-européenne de coupure. Scythe, la faux, skirt, la jupe (donc pas une tunique complète), et puis évidemment scissors --ciseaux en français, comme il se doit.
Mais je me suis dit "entre couper un truc et tirer dedans comme un tireur d'élite, quelle est le rapport ? ?
Là moi, j'en vois aucun. Mais...
Robert ? Tu fais sniper goth en camouflage de cheveux ? ? Mais... Mais pourquoi ? Tu étais si beau avant de faire le même maquillage que la femme du boucher, celle qui s'occupe de la caisse, et je me rends compte que même quand tu étais beau comme un angelot british, tu faisais sniper capillaire ?? Un mythe s'effondre. ²
Du coup, vérification étymologique plus tard, le mot sniper vient de l'anglais britannique, et plus précisément de l'Inde. A l'époque où se gobergeaient des fonctionnaires au service de sa Majesté, comme ils n'avaient pas encore TF1, ils s'adonnaient à la chasse, les coquinous. Et les meilleurs chasseurs, savez-vous ce qu'ils faisaient ? Comme ils étaient excellents, ils étaient capables de tirer la "snipe". La snipe, c'est la myrisnipa, ou "moor snipe" du vieux norrois--comme vous voyez, l'anglais et le norrois sont quand même un peu parents.
Et la snipe, en français, à ce moment ?
Eh bah c'est la bécasse.
Le sniper, c'est une personne capable de tirer la bécasse comme personne. Si nous n'avions pas une traduction comme "tireur d'élite" en français, je n'ose pas imaginer la traduction "bécasseur".
Sniper.... Sniper, comme le groupe de rap, là ?
A présent, forte de mon expérience, j'ai envie d'écrire au fan club (ou à l'équivalent moderne du fan club, je sais pas, sur Twotter ou Faceboot) de Sniper une lettre qui dirait en substance :
"Chers membres de Sniper,
Tout d'abord, j'aime beaucoup ce que vous faites, surtout la chanson, là, où vous chantez dessus et où y'a du rap. [Ouais, j'ai repéré que c'était du rap grâce à mon image] Je voudrais pas faire ma rabat-joie, mais même si je suis certaine que votre groupe défend des valeurs viriles de types qui restent tout le temps ensemble, ont un groupe de rap avec un nom qui claque et tout (je sais bien que le monsieur en blanc aurait bien voulu que vous vous appelliez "Poetic Lovers", mais c'était déjà pris et [Attention, va falloir rayer les mentions qui ne s'appliquent pas, et écouter des chansons d'eux, ou me conseiller quant à ce qu'à mettre] qui trouvent que les femmes c'est comme un chien mais en moins poilu/qu'il faut que les jeunes se bougent et travaillent et s'instruisent/que les méchants sont méchants/quisonpadépédé.
Cependant, vos valeurs que je suppose viriles et intellectuellement gratifiantes seraient peut-être mieux défendues par un nom de groupe en français, vu qu'on a une version tout à fait valable de l'idée que vous voulez, et surtout, qui ne veut pas dire "des mecs qui arrivent super bien à tirer de la bécasse" (à moins que, comme les Poetic Lovers--décidément, votre ami en blanc avait raison--vos chansons défendent des valeurs d'amour et de stupre avec des femmes faciles mais romantiques sur leur Skyblog).
Je vous propose donc d'opter pour la version française "Tireur d'Elite" (avec la graphie que vous voulez), ou des choses plus éloignées mais tout aussi viriles comme "Droit au but", "Grenadier" et "Militaire d'Excellence". Bien sûr, des appellations telles GIGN et SWAT, si vous voulez garder ce beau côté militaire certainement défendu dans vos paroles, vous sont toujours ouvertes. Peut-être que Navy SEALs ne sera pas pris (mais faites attention à Seal, c'est déjà occupé).
En vous remerciant, je promets d'acheter votre prochain album et d'écouter toutes vos chansons d'un coup sans respirer si vous changez le nom du groupe.
Gros bisous poutous love,
SuperLinguiste ♥ ".
Je pense qu'il y a de fortes chances pour que mon initiative soit couronnée de succès*
² Pour les lecteurs de moins de 40 ans (dont je fais partie, mais j'ai l'âme d'une personne âgée), Robert n'est autre que Robert Smith, chanteur emblématique de The Cure et canon de classe II jusqu'au moment où (à peu près dans les 6 mois suivant la création de The Cure), il prit environ 400 kg et se laissa pousser les pendouilles, tout en se maquillant de façon étrangement sexy mais peu conventionnelle. Robert ressemble actuellement à ça :
Oui, il est à à la croisée des chemins entre une boule de poussière qu'on trouve sous son lit après une grève d'aspirateur de 4 mois, le Joker de Batman (il faut le voir dans une lumière verte, c'est frappant), un monstre de paquet de céréales américain, et l'homme absurdement sensouwell qu'il fut.
* En l'occurrence, la définition de succès est "ne pas se faire enfoncer les dents et casser les tibias".
Pataquès présidentiel
Notre über président préféré commet de la boulette.
De la boulette de prononciation (entre autres mais je fais de la linguistique, pas de politique).
Là, je devais glisser une photo de Sarkozy, mais j'ai préféré une photo de Minuscule qui dort dans un carton comme un vieux livre abandonné au Kazakhstan.
Là, le 28 septembre, il a appelé Roland Barthes (donc ni un illustre inconnu (allez y, cliquez sur le lien Wiki), puisqu'un sémiologue, quand même) Roland "Barthès", ou "Bartesse", voire "Bartaisse" , si vous voulez. C'est le souci de la lecture de fiches. Alors je n'irai pas aussi loin dans la malice que ce monsieur, qui résume le tout avec beaucoup plus de brio que moi, mais je tiens à illustrer quelques points de linguistique :
Déjà, dans les mots de la langue française, un peu moins de 400 ont un <s> final qui se prononce. Par exemple, ours. Je vous laisse le plaisir immonde d'imaginer comment expliquer ça à des étudiants non-francophones, il y a des larmes, et des pleurs. Extra-big-bonus pour ceux qui réussissent à expliquer que "plus" veut dire "la cessation d'une action" et +. "J'en veux plus, alors ça veut dire quoi ?", normalement, ça les envoie sous le bureau, en train de se tortiller de douleur, la bave aux yeux, une crampe au ventre.
La règle des s ne s'applique pas aux noms de famille, ou aux noms propres, car chacun sa guerre, chacun son origine et ses règles phonétiques².
Du coup, on a un cas étrange de "si ça se trouve, ça se prononce, après l'autre et son Zadig et Voltaire, je peux bien forcer la consonne finale personne va rien voir". Une liaison mal-t-à-propos, ou exécutée soit avec la mauvaise consonne, dans des conditions où elle n'est pas nécessaire, s'appelle un pataquès.
Je vous enjoins donc à aller voir ce que ce monsieur fait, il s'appelle le Garde-Mots, il a une tête de garde forestier vosgien, il a l'air un poil réac de la lexicographie, mais il est gentil quand même; et lui aussi, les pataquès, c'est son dada (entre autres).
² Imaginez, Maître Vergès, il a un accent, donc on sait bien comment prononcer. Mais Verges, on a tout intérêt à le prononcer pareil qu'avec accent--ce n'est pas un exemple tiré de ma tête perverse et phonologue, mais un exemple de la Vraie Vie, d'une camarade de cours et d'un prof de sport trau draule qui lui a fait la blague tous les cours. Tous les ans. Ha-hah.
Reprises de (haute) volée
Encore une fois, je reviens avec mon hobby honteux : la traduction minable. Pour une fois, ce n'est pas moi qui m'y colle, mais j'ai décidé de faire participer des artistes de talent...
Il y a quelques années, au moins, je vous parlais de conlangs, ou langues construites ici. Maintenant que le temps est passé et que les gens ont oublié mon message, ils m'envoient des liens comprendre : je hante les sites communautaires, où les gens envoient des vidéos cocasses); et je suis tombée des nues et de mon siège en lisant "Eminem" et "klingon" dans la même phrase.
Voilà le lien associé à la phrase :
Evidemment, ça m'a fait penser à la plus magique reprise de monsieur E-Pak-Sa de YMCA de nos Gens du Village, en coréen, la danse en plus :
http://www.youtube.com/watch?v=qoMBzb8ogz4
Et puis en reprise de chansons dans un style... alternatif, toujours dans une langue étrangère, nous avons "Highway to Hell", en hongrois. Je pense que Courant Alternatif/Courant Dérivé aurait des choses à dire concernant cette beauté :
http://www.youtube.com/embed/Z3YQ24i1wP0
Mais certainement, ma reprise préférée de tous les temps de la vie, c'est une reprise en français d'une chanson en anglais. Bon, c'est une adaptation, et il me semble qu'il y ait une sombre magouille genre "c'est moi qui ai eu la mélodie d'abord, mais cette vilaine Américaine a tout chanté et tout avant moi", mais pour nous, et notre inconscient collectif, c'est Gloire Homosexuelni (je sais, c'est tiré par les cheveux) qui nous a initié à cette chanson. Pour une fois, je ne vous gâche pas le plaisir en n'intégrant pas la vidéo à mon message. Il va falloir cliquer ici, monter le son, et surtout écouter les premières paroles, magiques, et profiter pendant 7 minutes du plaisir inouï mais pas inaudible de cette merveille. Vous m'en direz des nouvelles.
[MàJ après plusieurs semaines : impossible d'intégrer certaines vidéos, malgré mes efforts, et le changement de source. Je penche pour un problème mystérieux qui serait dans mon ordinateur, un peu comme quand Minuscule essaye de rentrer dans le frigidaire, ça dépasse. Pardon pour la présentation]
Hoquets sur l'adjectif (l'alcool, c'est Mal)
L'autre jour (il y a 5 mois environ) j'ai reçu un message magique, qui contenait entre compliments sur ma personne superbe et ébaubissement concernant la linguistique, cette remarque linguistique :
votre billet m'a fait penser à un mot affiché aux caisses du magasin Carrefour de Boulogne (92) qui stipulait qu'à partir d'une certaine heure la vente de "boissons alcooliques" étaient interdites...Je l'avais signalé à l'hôte de caisse qui me signifiait ne rien pouvoir changer, le mot étant écrit de la plume du chef...Ça me fait rire à chaque fois et dès que je passe dans ce magasin, je prépare mes meilleurs jeux de mots (qui ne font rire que moi après un certain temps).
Chère lectrice, je tiens à répondre à ton message, avec une bien mauvaise nouvelle : on peut dire "boissons alcooliques". Cet adjectif n'est pas réservé aux personnes qui ont un problème de boisson(s).
En fait, même si son pendant "alcoolisé" existe, et est plus fréquent, les autorités sont formelles, ils sont synonymes dans le sens de "qui contient de l'alcool". Apparemment, c'est un usage vieillot, mais c'est un usage quand même
Selon le Trésor de la Langue Française, "Alcoolisé concurrence fortement alcoolique. On dit plutôt boisson alcoolisée que boisson alcoolique."
Du coup, malheureusement, on a droit à ces panneaux moches :
(ce panneau, obligatoire dans les débits de boissons à consommer sur place, pourra vous appartenir pour la modique somme de 17, 90€)
Malheureusement, du coup, chère lectrice unique et Stambouliote de surcroît, tu ne pourras donc plus faire de blagounettes sur ton Carrefour de Boulogne. Mais comme je soutiens les gens qui font des blagues qui ne font rire qu'eux, ne partage pas ce billet auprès de tes amis, et continue les blagues ♥ (et puis merci pour la lecture de ces pages, coeur coeur bisou).
Hôpital-charité-foutre.
La loi de Skitt est partout. Je vous en avais parlé très vite-fait dans un message un peu racoleur ici, mais l'exemple que je vous apporte est magique et mirifiscent de beautitude.
L'autre jour, je m'excitais comme je pouvais sur un jeu vidéo, en compagnie d'une personne humaine. Mais, étonnement et déception, impossible de jouer en coopération, et comme nous voulions "poutrer du zombie" (ou de la chimère, à défaut d'autre chose), nous recherchâmes sur internet si oui, ou non, "Résistance 2" comprenait effectivement un mode histoire en coopération. Quand je dis Résistance, pour la partie de mon lectorat qui a plus de 18 ans, je ne veux pas parler de ces sympathiques personnes pendant la seconde Guerre Mondiale, non, je parle d'un jeu vidéo où le principe fort subtil est loin de la linguistique, et consiste à "jouer des gros messieurs musclés, et à reposséder (apparemment) une terre hostile et aride prise par un groupe de moches créatures à coups de gros tirs d'artillerie lourde plus ou moins fantaisiste dans la tête".
Mais les phénomènes linguistiques sont partout, eux aussi.
Afin de savoir si nous pourrions jouer ensemble en toute amitié, au lieu de refaire le monde autour d'un verre de vin moelleux, je me saisis de mon ordinateur et y trouvai un lien sur un site de jeunes. Les membres déploraient l'absence (hélas !!) du mode coopération, dans un français fleuri, qui me fit un instant hésiter à militer pour que les mômes apprennent à lire avant 2 ans, et que chaque faute d'orthographe soit punie par un coup de canne sur le bout des doigts administré par un type entre Dracula et le glauque à l'oeil torve qui regarde toujours mes culottes à la laverie, quand elles tournent dans le séchoir.
Et puis la perle des perles est apparue :
Outre les gros mots, qui traduisent sans peine la déception ressentie par ce membre (anonyme par Paint Totipotent), j'aime la phrase absolument bien écrite (aucun accord féminin/masculin et aucun accord singulier/pluriel n'a été blessé lors de la rédaction de ce message, normal, ils étaient tous partis boire un verre, on dirait).
Et puis cette conclusion "y sont même pas foutu d'écrire bien français sur la boite".
Skitt, qui dit qu'on ne peut pas faire de réflexion sur l'orthographe ou la grammaire sans visser soi-même une faute dans son texte--une sorte de lapsus freudien, si vous voulez, aurait bien rigolé s'il avait lu ce message. Parce que là, zéro souci pour l'orthographe, pour quoi que ce soit, et en plus, la personne pense être assez experte en français pour détecter des fautes. Moi j'adore.
Je possède une copie légale du-dit jeu, donc j'ai scanné la pochette avec curiosité. Mis à part le fait que le jeu s'appelle "Resistance" sans accent, certainement parce que c'est un titre en anglais, il n'y a rigoureusement aucune faute "sur la boite" [sic]. La seule rigoloterie, c'est qu'ils demandent une Praystation 3 avec "300 Go minimum" d'espace sur le disque dur, ce qu'un mortel normal ne possède pas forcément forcément, vu que le meilleur modèle ne dispose "que" de 320 Go à l'achat².
Ils se sont même dérangés pour traduire les anglicismes, dans le joli "batailles multijoueur en ligne massives". A toute fin utile, je précise que selon le Larousse, "multijoueur" est invariable, donc la pochette est fiable; du coup, j'ai envie de demander à mon nouvel ami de mon forum de jeux vidéo : "Mais qu'est-ce qui t'es arrivé, petit ? Pourquoi ?? Pourquoi ?"
Wopicrotte. Je vous donne le lien du site de jeunes, l'échange complet m'a fait trop rire. Promettez-moi juste de pas aller les troller avec vos grosses pattes sales, je tiens à préserver la virginité de cette beauté (le lien renvoie directement à mon ami et à son coup de gueule, mais vous pouvez lire le début--à haute voix si certains mots ou tournures vous échappent).
² Si vous avez plus de 18 ans, et/ou pas de Praystation 3, je sais que c'est un peu ésotérique comme ça.
Du coup, c'est peut-être le moment pour vous souvenir des préfixes grecs et de leur importance dans la dénomination d'espace sur disque dur, avec les kilo-, mega-, giga-, tera-, et peta-... J'ai hâte d'avoir un disque dur d'un Yottaoctet, soit décemment beaucoup trop pour une seule femme. Oui oui, ami âgé ou non-gamer, je te laisse chercher le nombre d'octets sur une telle quantité.
Je suis trop bonne, tiens, tu peux lire ça, pour t'impressionner un peu les méninges, si tu veux.
Le téléphone pleure (avec le vieux chanteur)
Il y a parfois des choses qui me font hurler de rire.
Woot woot dans les chaumières, comme on dit. J'ai entendu des extraits audio datant des années 60 de notre bon vieux Jean-Philippe Smet, qui avait une façon curieuse de prononcer "twist". Nous, en gros (moi en l'occurrence), on dirait "touïste", mais lui disait "tuïst", un peu comme une sorte d'accent belge prémonitoire, quoi.
Même sans forcer, on trouve des illustrations qui coupent le souffle et laissent échoués dans une sorte de plage mentale, à se demander si la vie vaut la peine d'être vécue si la baguette passe à 1.05€. Americana + Johnny Hallyday = toujours EPIC WIN.
Et ensuite, extrait audio d'une de ses chansons. Non, vous n'avez pas forcément à vous infliger le morceau en entier (mais vous rateriez alors les petits gémissements de plaisir de l'Idôle des Cheunes qui veut "t'aimer tout contre lui", tu vois).
Faites bien attention aux premières secondes.
Allô Twist ? C'est moi.
C'est ça les paroles importantes.
Repassez-vous les 6 premières secondes. Tout est normal ?
Je suis très amoureuse de sa patouille dans la bouche, qui lui fait dire "allô, twits ?" (donc une métathèse, soit l'inversion de deux sons dans un mot), et évidemment, les ingés son, qui devaient pas super connaître les tenants et les aboutissants du "twist" (que notre Jojo a introduit en France, si j'ai bien compris), hop, ils nous ont sauvegardé le touïts.
En plus le [s] est amorcé un peu tard, comme s'il avait buté sur le [t] et qu'il avait décidé d'y aller quand même, et je trouve ça très joli, on sent sa bouche pleine de salive, et l'assurance qui suit dans le "oui, c'est moi", ça achève de me convaincre.
Merci à cette interview de Guy Carlier et à son anecdote à la radio, qui m'a permis d'entendre *ça* et de rire toute la journée comme une loutre... J'en ferais presque une sonnerie de portable, même.
Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle ce live d'Elvis Presley, où la choriste donne TOUT pendant que le King se marre. Apparemment, y'avait un type dans le public qui a commencé à swinguer avec sa perruque et à l'agiter pendant "Are you lonesome tonight ?" et hop, le pauvre chanteur arrive pas à se reprendre (ça commence vers 1:13).
Là, pas de fait de langue intéressant, mais j'aime le fait qu'il essaye de reprendre le fil de sa chanson et que la choriste, imperturbable, y aille comme en 14 alors que notre chanteur n'a pas répondu, lui, à l'appel du touïts.
Noël avant noël : la DGFLFL s'occupe de vous
Si vous avez un ami qui aime les mots, ou alors que vous-même, vous aimez les mots, il est possible d'obtenir gratuitement des cahiers et autres ouvrages de la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (la DGLFLF, l'abréviation est un peu austère).
Hop, lien ici !
Presque tous les 6 mois, les cahiers (d'une bonne dizaine de pages) Langues et Cité paraissent, les lexiques de mots corrects/acceptés par la DGLFLF dans le vocabulaire de certains domaines (informatique, chimie, défense, audiovisuel...). Et il y a pas mal de bulletins pour les langues minoritaires de France (le francoprovençal, notamment, était un bon exemplaire), et sur les cas de multilinguisme, et d'acquisition du français.
J'ai testé l'envoi chez soi, après avoir discuté avec une dame au Salon du Livre (elle m'a donné son DERNIER EXEMPLAIRE du lexique sur l'informatique et les TIC, j'ai cru que j'allais mourir d'amour), après un mail très formel où on a peur de faire une faute de frappe et de passer pour un niouk auprès de la DGLFLF, l'envoi n'est pas des plus rapides mais ça reste très correct-- et puis ça permet de découvrir chez soi sur papier ce qu'on peut déjà avoir en .pdf sans couper d'arbres. Point positif, les livrets "vocabulaire" sont quand même bien plus lisibles en vrai que sur écran, et leur petite taille (pensez iPhoine carré en gros) est quand même bien pratique pour rebourrer une bibliothèque déjà bien pleine.
Attention, évidemment, ils n'envoient que ceux qu'ils ont en stock. Malheureusement, certains numéros, comme Le cahier de l'observatoire des pratiques linguistiques n°1, 2006 ne sont plus disponibles, mais ça ne vous empêche pas d'aller commander les autres, et plus vite que ça.
Et puis Noël est bientôt, et on fait les cadeaux qu'on peut avec ce qu'on a, donc pensez à la DGLFLF !!
Stupeur et étonnement
L'autre jour, j'étais à une grande enseigne où ils vendent des contenus culturels de masse pour la populace ravie. Oui, j'étais à Virgon, mais j'y ai été trainée, impuissante, pantelante, alors que moi, tout ce qui m'intéresse, c'est quand même Castorama et son rayon béton, pour une raison qui m'échappe.
Bref.
A Virgon, j'ai décidé de faire secession, et d'aller voir les livres anglais, qui étaient idéalement placés à côté des livres type thriller et horreur (on a les loisirs qu'on a, et puis je vais pas me justifier de tout tout le temps, non plus). Après avoir laullé copieusement sur une édition pseudo très belle de Shakespeare, en faux papier doré qui ne coutait que 30€ ("han, il est trop beau ton bouquin que tu liras jamais en entier, han han, il a dû te coûter cher"), hop, livres d'horreur... Enfin, je croyais. Déjà, en thriller, il n'y avait que des romans policier. Bon, du coup je translate vers la fantasy et la science-fiction, des fois que... Et je tombe sur un rayon étrange, une étagère complète estampillée "Bit-lit".
Bit-lit ?
Bit, bit, bit... Ca ne veut rien dire en français. Et puis lit pour littérature, ça me semble un bel anglicisme.
Lit comme littérature, ok, mais bit ? Bit comme 8 bits ? Est-ce un rayon de romans sur Super Mario ? Sont-ce des romans écrits en gros, avec des pixels sur la couverture ? Mais pourquoi seraient-ils à côté de la fantasy ?
"C'est sorcellerie", me dis-je. Non, pas le style de livres, mais le mot bit-lit, qui sonne bien avec sa paire minimale. Hmm.
Bit...
Bite, bit, bitten. Mordre, ce beau verbe irrégulier anglais, serait-il responsable de cette chose ? Je m'interdisais encore de regarder les livres (mais leurs couleurs un peu racoleuses, le doré des titres sur les tranches me faisaient penser qu'effectivement, ils avaient leur place à côté de la fantasy). "Mordus de littérature ?" proposa une personne à qui je racontai l'histoire ensuite. Effectivement, je n'avais pas mieux pour décrire la chose...
Alors j'ai regardé les livres.
"Ta maman le vampire
Merci.
Fauchée dans l'âge tendre
C'est rare, je ne vous raconte jamais ma vraie vie de tous les jours (ou jamais trop), mais là, c'est une beauté que je mets à vos pieds et soumets à votre jugement de lecteur (oui, au singulier) indulgent.
Premier jour dans la nouvelle université où j'enseigne (non, malheureusement, pas la linguistique).
La première fois où j'y suis allée, en juin dernier, je me suis dit "ayé, je suis dans le département d'anglais" en voyant ce tag subtil en Shakespeare. Ca mettait la barre relativement haut, quand même.
* Après le partage d'ascenseur avec une étagère et deux chaises, pendant lequel j'ai dû monter mon sac sur une sorte de carton de vieux bouquins en priant qu'on me trouve pas accroupie sous l'assemblage--évidemment, deux virils déménageurs ont bien laullé en me voyant suante dans le bastringue, et ont retiré le tout en un clin d'oeil,
* Après le cours tellement saturé (30 inscrits, + 23 en plus, parce qu'ouvrir un groupe en plus c'est Mission : Impossible, et que, du côté des étudiants, leur cas est tellement unique (comprendre : j'aimerais mieux avoir mes cours en début de semaine histoire d'avoir un long weekend, en plus je bosse tous les jours, alors j'y vais au culot ou à la pitié et je tape la prof)).
* Après les présentations gênantes où, le sac plein de brochures qui dépassent dans tous les sens, la mèche en vrac, la chemise détrempée, barrée de grandes traces de craie de quand ma main avait le malheur de l'approcher à moins de 40 cm, presque roulée en boule sur mon corps, je devais *quand même* faire bonne impression devant les collègues super coules et/ou super brillants, voire impressionnants, alors que j'étais à peine capable de tenir debout,
j'ai enfin pris deux minutes pour respirer.
Je m'assois donc tranquillement, sur un banc pour respirer l'air saturé de nicotine d'un groupe d'étudiants (OK, OK, je fumais aussi). Et j'écoute tout en faisant semblant d'avoir une vie intéressante (certes, je vérifiais Facebook et je m'auto-congratulais pour avoir résisté aux sirènes d'Angry Bird, tout en vérifiant frénétiquement le plan du campus pour comprendre où les salles se trouvaient par rapport à la quadrature du cercle de l'axe de la Terre et ma position actuelle).
La jeune fille parle (mon héroïne, ma meilleure amie de la fac), debout devant ses camarades, après une tirade sur comment elle a un plan avec des clopes à genre 4€ parce qu'elle a un pote tu vois il va au Luxembourg genre, mais en fait l'Espagne, tu vois c'est trop loin quoi, nous déclare (leur déclare, mais évidemment, je me devais de tendre l'oreille à ce moment) avec l'assurance et l'agacement légitime provoqué par le souvenir de cet événement que je devine brûlant et insoutenable :
"T'as vu la gueule du cours de linguistique de ce matin putain tavu ou quoi ? [...] Y'avait genre 50 personnes dans l'amphi personne comprendait rien."
J'aime tirer sur l'ambulance, mais je vous laisse faire l'éxégèse tout seul, ami lecteur. Heureusement que j'avais mon portable en main, afin de retranscrire ces paroles en direct. Le sol se dérobe toujours autant sous mes pieds quand je les relis.
J'ai réussi à ne pas rire. De justesse.












