Mes Langues aux chats

Un recueil de chroniquettes pour découvrir et apprivoiser la farouche Linguistique, et proposer une réflexion sur les langues (mais en rigolo)

mardi 1 juillet 2008

Une réclamation (où je m'insurge presque)

La curiosité a tué le chat, comme on dit en anglais. Prise d'une envie multimédia, j'ai tapé "linguistics" sur YouTube. C'est le Mal, ok ? C'est pas bien.

Déjà, on tombe sur la chanson des Cunnin'Lynguists, Linguistics. Avec des paroles comme : "Uh huh, word, uh huh word, yo yo, check it out", comment pourrais-je rivaliser ? En plus, ils ont mis des espèces de samples de trucs et ils répètent "linguistics", mais je trouve pas ça très probant, comme démonstration de la linguistique.

Autre trouvaille rigolote, l'afro-américain vernaculaire vu par des gens: l'afro-américain, ou BEV pour Black English Vernacular, est une forme de l'anglais qu'on trouve principalement dans la bouche des gens afro-américains, et dans celle des Blancs du Sud des Etats-Unis. Moi, ça m'intéresse de voir comment les gens réagissent aux paroles fort spirituelles d'un monsieur, Snoop Doggy Dog, en disant "ah, bah ça c'est un monsieur pas éduqué"... "il doit jouer un rôle"... Etc etc. C'est une variété de l'anglais qui a toujours été fort mal vue, à tel point que des débats et autres réformes de l'éducation ont été entreprises aux Etats-Unis pour voir si oui, ou non, le BEV était une forme codifiée de l'anglais ou juste ces "méchants monsieurs pauvres qui font rien qu'à déformer notre bel anglais". William Labov, entre autres, a fait beaucoup de travaux de sociolinguistique. Je conseille à ce sujet la lecture de Language in the Inner City, qui, bien que comportant des règles un peu wahou pour l'explication de l'omission du verbe copule (souvent be), par exemple, est quand même très intéressant pour expliquer le développement du BEV et des groupes sociaux.

Le Mal Ultime est atteint quand Noam Chomsky est interviewé par euh... Ali G. Eh oui. La Belle et la Bête. Booyaka. Mais c'est marrant quand même parce que pour l'habitué au débit et à l'accent du professeur du MIT, c'est un contraste, euh... rafraîchissant ? Les questions comprennent "How many words does you know ?" et aussi, la définition de "cunnilingual". Pauvre Chomsky.

Un cours d'espéranto pour les débutants, des dialogues passionnants de cantonais, et même des dialogues aussi passionnants en kazahk  (presque avec les mêmes acteurs, mais, c'est certain, avec le même fond magique) me confirment dans mon opinion, écrasée par les nombres de 1 à 20 en ukrainien (le titre est trompeur): les cours de langue, filmés, ça rend mal. Ou alors la linguistique et l'apprentissage des langues étrangères est toujours réalisée par des messieurs de 150 ans qui se disent "ouais, un fond bleu canard passé, ça va faire trop moderne !"

Bref, c'est magique. Je réclame donc de la linguistique groovy, du matériel éducatif de bonne qualité, et surtout, surtout, des paroles plus probantes pour les Cunnin'Lynguists. Non mais !

[cet article sera certainement le premier des articles dévolus aux reportages linguistes sur le net, et ses environs. Hah. Vous êtes bien attrapés.]

Posté par Succubae à 12:52 - Multimédiateries - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Mémégagaloloman.
Mégaloman.





(désolé)

Posté par Zorglub, mercredi 9 juillet 2008 à 21:48

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