jeudi 6 août 2009
Vincent Cespédès, il parle aussi
Ceci n'a rien à voir avec la belle linguistique, mais notre ami du bouquin disco, Vincent Cespédès, est en train de me parler.
Non, pas à moi en personne comme si j'existais, le monsieur est juste dans la radio.
Donc si vous voulez entendre ce qu'il (et ses amis) ont à dire sur Facebook (bien qu'ils ne parlent pas du tout de linguistique, mais juste des enjeux narcissiques et fliquiers de la chôôse), branchez-vous sur le site de France Inter, rubrique "Ca vous dérange ?" pour écouter notre marmoréen ami.
Marmoréen ami. Comme si je savais ce que ça voulait dire. Mais parlons en des mots qui sonnent bien, parce que le Vincent², il dit des mots rigolos, comme égoscope, facebookophobe, internauphobe (oui bah il fait comme il peut aussi), gogoïtude (gogo, comme un danseur ? Gogoy comme une personne juive qui bégayerait ? Je ne comprends pas très bien). Et encore, j'en laisse passer... Autant, facebookeur, je vois bien, avec le suffixe -eur, autant les autres, c'est ésotérique...
Non, pas le '-eur' qui, sur un adjectif, le transforme en un substantif féminin qui veut dire "qui a la propriété de", comme doux -> douceur, mais celui qui forme un substantif (sur un nom ou un verbe) qui " désigne la personne exerçant un métier, une fonction, une activité sociale." (merci, Trésor de la Langue Française informatisée), de genre variable, d'ailleurs.
Ah, ça vous en bouche un coin, que -eur ait deux fonctions comme ça, n'est-il ? (oui, j'ai décidé que c'était intéressant, je fais ce que je peux. Et que "n'est-il" était une expression viable aussi).
Ah, et pour les deux du fond qui sont venus ici parce qu'ils cherchent des pulls pour chats, ou des mugs praystation, voire ceux qui, comme moi, ont commencé à lire cet article sans savoir, marmoréen, ça veut dire "qui évoque, ou est de la nature du marbre". Ouaiche, Jacqueline, je quiphe tes épaules marmoréennes (libre adaptation de Flaubert qui, le coquin, a quand même écrit " J'ai des envies folles de manger vos épaules marmoréennes")
² Je crois que c'est lui, mais je ne l'affirme pas comme une bannière dans un stade de football non plus. Dès qu'ils sont plus de 4 à parler, j'ai du mal.
dimanche 22 février 2009
Ferdi notre ami
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la mort de Ferdinand de Saussure (qui, par un miracle qui m'est inconnu, a un prénom qu'il m'est impossible d'orthographier correctement du premier coup. Ferdinand, c'est notre ami, il m'a valu des années de blagues sans fin à la fac, et est, surtout, le papa d'une théorie linguistique dont on voit encore les traces dans les travaux d'aujourd'hui.
Le saviez-vous ? Le Cours de Linguistique Générale (au moment de la rédaction de cet article, on en est à la 6ème édition) n'a pas été écrit par lui. En effet, il s'agit plus d'un recueil de cours, pris par trois de ses élèves, qui ont été comparés, annotés (les annotations de Tullio de Mauro sont formidables, si tant est qu'on aime lire de la police 4 sur 14 pages. Je suis mauvaise langue, je sais) et hop, à la fin, nos petits cours bien chéris qu'on aime. Ferdinand, c'est un peu notre Socrate à nous, linguistes. En fait, il a surtout fait des travaux sur le proto-indo-européen, le canaillou.
Ferdi nous a proposé une théorie du langage basée sur le signe-- du signifiant au signifié (cf le premier article, ou au moins les archives de 2006), ce qui nous en fait une théorie sémiotique (non, j'ai pas inventé ça, ça coule de source), jusqu'à un système cohérent, de l'image acoustique à la représentation comme celle que je vous livre ici, avec des mots écrits grâce à un système de bidouillettes standard et arbitrairement choisies. Oui, les lettres.
Dites donc, vous êtes gâtés en ponctuelleries cette année ! que ça ne se reproduise plus !
Ah, et puis notre beau Saussure, il est mort en 1913, ce qui nous fait près d'un siècle. Behold, en 2013, on fera une mégateuf et des évènements ponctuels et tout dans les rues de Genève et tout ! Non, c'est malheureusement inexact. Disons qu'au moins, je ferai la veillée avec mes beaux livres à la main. Et puis je suis dèg de chez dèg, si vous me passez l'expression. Ferdi, il a pris des cours de sanskrit et pas moi... Où va le monde ?!
Un dernier petit pour la ligne, mais après on en prend plus, ça fait grossir quand même: un texte d'Algirdas-Julien Greimas qui nous décrit l'actualité saussurienne. Bon, ok, l'article a plus de 50 ans, mais quand on aime, on ne compte pas; et puis le monsieur a certainement plus de talents que moi pour vous décrire les théories saussuriennes dans le détail (où je me dédouane pour pas allonger encore la longueur des messages moyens, et où j'essaye de préserver mon quota de blagounettes à la ligne carrée).
vendredi 1 août 2008
Des réjouissances estivales
Je voulais lancer un grand concours magique, genre "toi aussi, gagne ce livret réalisé par mes mimines tremblotantes de sudokus gratuits ! Plus de 1 lot à gagner !"
Et puis je me suis rendue compte que la linguistique n'est pas faite pour gaudrioler en toute sécurité en créant des jeux réalisables directement sur la plage de Compiègne (oui, je sais, je sais), les doigts de pied enfoncés confortablement dans les parties pleine de peau d'orange de la grosse dame qui dort face enfouie dans le sable depuis plusieurs jours (au début, vous aviez bien essayé de la réveiller, mais évidemment, le flic-floc de ses formes plus que charnues, qui suivent la marée et la position de la lune vous a convaincu de la laisser ici, et d'utiliser son corps afin de fixer le parasol et de mettre la crème solaire à l'abri de la chaleur trop vive de cet été de canicule, où vous avez rencontré la femme de votre vie au snack-bar "Friterie Wilson", alors que vous suciez nonchalamment un Calippo à moitié fondu... Trève de romantisme.)
Alors j'ai décidé de vous prodiguer des conseils de linguistique ultime afin d'optimiser vos pages de jeux TéléStar et autres.
Hop, voilà le Mot Codé. How chamarred, how exquisitely carved ! Eh oui, aujourd'hui, je ne vais vous parler que de ça, bande de petits canaillous !
Le mot codé est un délice linguiste. Il faut recréer des mots abscons à partir d'une grille pleine de chiffres, avec un indice souvent minable, genre "Il vole. " 123456. Evidemment, vous avez deviné que les lettres O, I, S, E, A, et U vont vous permettre de farcir cette grille de toutes ses voyelles (sauf Y) et de coller les "s" du pluriel, et autres. Bon, je grossis le trait, mais c'est un peu ça.
Pour réaliser une grille de mots codés ultime, plusieurs méthodes s'offrent à vous. A supposer, évidemment, que vous en avez plus qu'assez de réaliser toujours tout de la même façon, et de remplir machinalement la grille, vu que pour impressionner la dame de la "Friterie Wilson", vous comptez miser le tout sur votre spiritualité exacerbée étant donné qu'elle est prof de yoga et que vous vous faites passer pour une sorte de gourou mystique qui ne va au "Macumba Club Night" que pour méditer sur la cruauté et la vanité du monde.
Plusieurs méthodes, ai-je dit, et je respecte ma parole. C'est pas bien malin, mais au moins, quand vous en serez à remplir la 7° grille de la journée, vous y viendrez, petits canaillous.
*Reverse Method* (Oui, je sais, je mets un truc anglais pour faire bien, c'est mon côté show-business): Au lieu d'écrire normalement, vous tracez vos lettres à l'envers. Certains hardis iraient même remplir le tout avec leur main gauche pour les droitiers, et inversement pour les gauchers. Ca fait gagner environ 2 minutes sur la réalisation de la grille, et provoque assez de frustration au début pour n'être pratiquée que par les guerriers du mot codé. Ou ceux qui veulent impressionner une prof de yoga.
*Polyglott über Alles* (je sais, c'est de formidable goût. Mais déjà, j'ai fait un truc en anglais, alors bon, un truc en allemand, hein, et puis à part "Gartenarbeit ist Krieg", je ne sais pas dire grand chose. C'est pas vrai-vrai, mais ça sert mon propos, vous verrez). Cette technique mérite un peu d'attention, surtout si vous remplissez vos grilles comme une sorte de Terminator survolté, en 2 secondes et sans ciller. Il faut aussi un budget plus important que celui dont vous disposez si vous êtes effectivement allés à Compiègne. En effet, au lieu de prendre sa revue de mots codés en France, en français, il faut vous la procurer en Allemagne, en Italie, au Mali, dans une langue que vous ne pratiquez pas du tout. Comme ça, l'indice de l'oiseau, il ressemblera à rien, quand on sait que "papillon" se dit "Schmetterling" en allemand, ou que "s'élever", en néerlandais, ça donne "rijzen" (à ne pas confondre avec "rijden", aller en voiture, hah, ça ressemble à l'anglais avec "ride" et "rise"; mais avec des lettres qui permettraient un score honorable au Scrabble). Comme ça, on renouvelle l'intérêt avec la maîtresse oubliée: la grille de mots codés.
*Barre, Barre, Barre !* Cette méthode est cruelle, et engendre encore la frustration. Plusieurs écoles s'affrontent à ce sujet, qui est épineux. Au lieu d'utiliser normalement la bonne vieille clef de lecture (qui se trouve en haut,) il faut barrer les chiffres qu'elle contient. Comme ça, pour savoir si A remplace le chiffre 9 ou 10, faut recompter, pour être bien certain. Bon, c'est un peu nul, alors ce que je vous propose en plus, c'est de ne même pas remplir la clef de déchiffrage, et de barrer les chiffres au dessus des lettres déjà données. hah !
C'est un peu miteux, mais bon, ça marche. Un peu. Quand on est fatigué, le soir, et qu'on a pas envie de recompter ses chiffres, on sait qu'il est temps de se lover contre la dame du yoga qui prépare de si bons petits plats macrobiotiques.
*La Diagonale Infernale* Vous n'avez plus le droit que de remplir la grille en partant d'un coin, et de compléter les mots péniblement, petit à petit, le souffle court et les pupilles dilatées sous l'effort. Han !
